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Compte-rendu de la Réunion des Bloggers du 26 avril 2011
Brèves :
Compte-rendu
1) Lomig – Animateur du blog collectif Expression Libre :
Voilà deux ans que la Réunion des bloggers se tient. Lomig a proposé une réflexion sur l’utilité de la RdB et sur l’utilisation que peuvent en faire les auditeurs.
Lancée en 2009, la Réunion des bloggers est désormais bien établie dans le paysage « réunionaire » parisien. Parmi les différentes rencontres qui s’organisent dans la capitale, elle bénéficie d’une notoriété non négligeable auprès d’un certain nombre d’organisation et elle a permis un grand nombre de mises en relations.
Depuis deux ans, la Réunion des bloggers a accueilli des personnalités reconnues, telles que Pascal Salin, Ivan Rioufol, Aude de Kerros, et bien d’autres.
En outre, les participants étaient d’accord pour dire que le dîner qui suit la réunion est un événement incontournable pour lier des relations, approfondir les discussions et échanger sur tout type de sujets. Lomig a estimé que le net devait servir de caisse de résonnance aux interventions de la RdB.
Lomig a également observé que la Réunion des bloggers ne donne généralement suite à aucune reprise de contenu sur internet, aucun article dans les blogs. Plusieurs pistes ont été évoquées : la réunion ne rassemble que peu de bloggers. Peut-être que le contenu de la réunion ne permet pas de reprise directe. La discrétion demandée lors du lancement de la réunion en 2009 freine peut-être le souhait des participants de transmettre les éléments entendus, sur internet.
D’où la question de la pertinence du nom. Faut-il encore que la réunion soit « La Réunion des bloggers » ou faut-il changer de nom, de concept ?
Pour dynamiser la Réunion, les participants ont proposé d’élargir la mailing liste à plus de bloggers. Améliorer le compte-rendu pour que celui-ci soit immédiatement publiable sur internet. Et mieux communiquer à l’approche de la Réunion.
2) Renaud Dozoul– Chercheur à l’Institut Economique Molinari
Renaud Dozoul a présenté l’avancement des travaux de l’IEM concernant le marché du travail en France.
L’Institut Economique Molinari a été créé il y’a huit ans par Cécile Philippe qui a décidé de pousser plus loin l’analyse en travaillant sur deux aspects :
- la croissance
- les dépenses
L’IEM a essayé de lister toutes les choses qu’on a voulu règlementer. L’explosion de la réglementation du travail correspond à l’abolition de l’esclavage. On a voulu protéger l’esclave du maître et on a gardé cette prétention après que l’esclavage a été aboli. On a appliqué cette pensée au rapport salarié/employeur.
Il y a en France un rapport malthusien au travail. Les gens qui pensent la réglementation sont des personnes qui travaillent dans l’administration publique. Ils ont a géré des budget et à le répartir au gré des besoins. Les règlementations du travail sont pensées sur le même modèle : on raisonne en termes de sommes fixes à répartir et non en terme de croissance, d’accroissement de richesses, etc.
L’intuition que le salarié est un esclave et l’intuition que le marché du travail est affaire de division de ressources ont inspiré toutes les réglementations du travail.
L’emploi est la rencontre d’une offre et d’une demande. A partir du moment où l’on décrète un salaire minimum, on génère du chômage structurel.
Ex : je veux travailler pour 900 euros. Or le SMIC est à 1000 euros et le coût pour l’entreprise est de 980 euros.
Concernant la discrimination à l’embauche, une étude a montré que pour un CV normal, une personne issue de l’immigration a une chance sur dix d’être retenue lors d’un recrutement. En cas de CV anonyme, on constate que ce rapport passe à 1/22. Pourquoi ? Car lorsqu’un recruteur fait face à un candidat issu de l’immigration, il semble faire preuve de plus de bienveillance avec éventuellement les fautes d’orthographes, les erreurs de langage, etc. En cas de CV anonyme, toute erreur sur le CV est rédhibitoire.
Sur les retraites, une personne qui souhaite continuer à travailler au delà de 65 ans n’a pas la possibilité de le faire, et celle qui souhaite s’arrêter avant 62 ans n’a pas la possibilité non plus de le faire. Le système actuel crée donc des frustrations des deux côtés.
Lorsqu’une petite entreprise se voit proposer un projet, elle ne veut pas embaucher de nouveaux salariés de peur de se retrouver avec des gens inamovibles. Avec des contrats aussi rigides que ceux qui existent actuellement, on crée des effets pervers et il devient beaucoup plus dur de trouver un emploi.
De même concernant les 35h. On a obligé les gens à travailler 4h de moins, en gardant le même salaire. On a tenté de compenser la perte pour les entreprises avec tout un système complexe de dégrèvements. Toutefois, cela constitue un retard irrattrapable en terme de compétitivité.
Le marché de l’emploi en France est un mille-feuille qui n’a cessé de s’épaissir et qui a eu pour conséquence d’aggraver la mise à l’écart de tous les emplois non productifs.
3) Discussion libre autour du thème : quel scénario pour 2012 ?
La réflexion a pris en compte les éléments suivants : rarement un gouvernement n’aura été à un tel niveau de faillite sur tous les plans. Il est de plus en plus envisageable que le scénario du 21 avril à l’envers : candidat de gauche + FN au deuxième tour se confirme.
- Si l’UMP perd au premier tour, le coup sera terrible, il signera non seulement l’échec d’une stratégie de parti unique, mais également la fin de la séquence : Chirac + Sarkozy.
- Il y aura vraisemblablement une implosion de l’UMP : comment comprendre une telle défaite après la victoire de 2007 qui semblait si éclatante ? Comment être tombé si bas après avoir eu tous les leviers pour réformer en profondeur le pays ?
- Les électeurs de droite chercheront une réponse à la question « pourquoi? » et l’on peut faire le pari qu’un bouillonnement animera cet électorat : initiatives spontanées, associations, micropartis, etc.
Si les libéraux veulent avancer leurs pions, ils pourraient tirer parti de la situation, non pas en prenant le pouvoir, mais en permettant aux gens de faire le bon diagnostique : Sarkozy n’aura pas perdu à cause de la crise. Il aura perdu parce qu’il n’aura pas respecté son programme et qu’il aura fait les mêmes erreurs que ses prédécesseurs : plus d’Etat, plus d’impôts, plus d’intervention. En permettant aux électeurs de faire le bon diagnostique, il y aurait une voie politique intéressante à creuser.